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Entre « lutte informationnelle » et « guerre cognitive », la souveraineté en question.

Curator note

Note préliminaire : Thot souhaite remercier Sébastien-Yves Laurent,
coordonnateur du numéro, qui l’a sollicité et la rédaction de la RDN
pour avoir organisé avec ce numéro un lieu de débat. Le collectif forme
le vœu que cette initiative ne soit pas sans lendemain.« L’idée de
politique sera alors entièrement résorbée en une guerre des esprits,
toutes les formes du pouvoir se seront relativisées. »(Friedrich
Nietzsche, Fragments posthumes, XIV, Gallimard, 1977, p. 379)Depuis
la tentative d’interférence dans le déroulement des élections
présidentielles américaines de 2016 et malgré la forte couverture
médiatique et l’enquête judiciaire assurée par le FBI, il semble que la
spécificité des actions informationnelles en cours à l’encontre des
sociétés occidentales n’ait pas été véritablement appréhendée. Cela est
paradoxal car depuis 2016 les discours les plus variés sur
l’informationnel n’ont cessé de prendre de l’importance en France. Or
ceux-ci entretiennent bien souvent la confusion entre quatre grands
domaines : l’informationnel, le communicationnel, le psychologique et le
cognitif. Chacun d’entre eux est bien évidemment fortement lié aux
autres domaines tout en demeurant néanmoins distincts et, selon nous,
toute réflexion qui ne les distinguerait pas serait vouée au non-sens.Par
ailleurs, l’informationnel est considéré, à tort, comme un
environnement favorable à des actions prométhéennes par lesquelles se
joueraient désormais principalement les affrontements de puissance des
différents acteurs en compétition…