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La guerre cognitive : agir sur le cerveau de l’adversaire

Curator note

Début 2020, les auteurs Hervé Le Guyader et August Cole publiaient pour le NATO Innovation Hub https://www.innovationhub-act.org/sites/default/files/2021-04/FR%20version%20v6.pdf dans le but de promouvoir le « champ cognitif » comme potentiel 6e domaine d’opération de l’OTAN au côté des milieux terrestre, aérien, naval, extra-atmosphérique et cyber. Dans la foulée, le Commandant
stratégique pour la transformation lançait des travaux en vue d’établir
la supériorité cognitive sur l’adversaire. Parallèlement, en juillet
2021, la Red Team défense – un programme mettant en relation
des auteurs de science-fiction avec des militaires pour imaginer les
menaces futures – proposait au ministère des Armées un scénario intitulé
« https://redteamdefense.org/saison-1/chronique-dune-mort-culturelle-annoncee
». Ce dernier met en scène une opération militaire en 2050, où la
notion de guerre cognitive est poussée à l’extrême : alors que la
société est divisée en zones de réalité alternative communautaires (« https://www.youtube.com/watch?v=s4n-UQegnvAhttps://www.youtube.com/watch?v=s4n-UQegnvA»),
les armées françaises doivent  « sécuriser le réel » face à un
adversaire capable de modifier les comportements collectifs à grande
échelle par des actions de déception, de subversion ou de manipulation
de l’information.
Comme l’illustrent ces exemples, la notion de guerre cognitive a le
vent en poupe dans la réflexion stratégique, bien que sa définition ne
fasse pas encore l’objet d’un consensus. Face à cet engouement, il est
légitime de se demander si elle n’est pas le ressac stratégique d’une
grammaire ancienne et si elle se distingue des https://www.irsem.fr/rapport.html, ou des « guerres de l’information » (notions elles-mêmes discutées).
Relevant d’une approche pluridisciplinaire combinant sciences
sociales et nouvelles technologies, la guerre cognitive vise à altérer
directement les mécanismes de compréhension du monde réel et de prise de
décision pour déstabiliser ou paralyser un adversaire : en d’autres
termes, elle vise à agir sur le cerveau de l’adversaire puisque c’est là
que s’y gagnent les guerres, y compris « avant la guerre », en écho à https://www.defense.gouv.fr/ema/chef-d-etat-major-des-armees/actualite/la-vision-strategique-du-chef-d-etat-major-des-armees du chef d’état-major des armées françaises.